[AVIS] Bouffon

par

BOUFFON

Chronique minute

Un garçon, si laid qu’il est appelé « Glaviot », grandit heureux dans les geôles d’un château, sous la protection du tortionnaire des lieux. Que pourrait-il espérer de plus qu’être le bouffon éperdument amoureux de la belle Livia, la fille du Comte ?

Par un miracle ironique, cet être difforme se révèle capable de ressusciter les femmes par ses baisers… Mais qui acceptera de les lui rendre ?

Un compte moyenâgeux, où l’histoire d’un bâtard, d’un troubadour, d’un amoureux se rejoignent pour revisiter le mythe du prince charmant…

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Avis rapide

Encore une fois Zidrou nous livre une histoire forte ! Pour son deuxième compte moyenâgeux après « Les 3 fruits », il s’attaque au sordide, à la folie, à la méchanceté, à l’amour et à la magie…

L’histoire nous est contée directement de l’intérieur de la prison, permettant une immersion totale parmi le viol, la douleur et la torture, là où va grandir un « monstre » qui attend de pouvoir observer un oiseau dans le ciel. Abordant, encore une fois, le difficile rapport des vivants face à la mort, le scénariste nous enfonce dans ce que le temps des châteaux forts a de plus horrible à offrir. Mais c’est aussi l’histoire d’une malédiction, celle d’une bête qui peut rendre la vie, en l’échange d’un simple baiser. Lui, qui ne rêve que d’un baiser en retour… A travers son conteur, Zidrou se joue de son histoire d’amour. Est-elle triste ou est-elle belle, à vous de juger…

Pour illustrer ce conte, Zidrou a fait appel à un ancien compère, Francis Porcel avec qui il a réalisé « Les folies Bergère ». Le résultat est plutôt convaincant. Le thème et le contexte historique se retrouvent dans le style de dessin choisi. La dureté du trait vient renforcer l’histoire et la mise en couleur est aussi glaçante que notre héro est laid (à noter que cette mise en couleur est réalisée directement par le dessinateur). L’esthétique est repoussante, comme tout ce qui transpire de cette histoire. Seule la couverture (papier mat avec effet de dorure brillante) vient contraster cette histoire. Sans être fan de ce genre de dessin, il reste agréable (et abordable par tous) et conjugué à l’histoire, remplit son rôle surtout au niveau de l’atmosphère.

Une fois encore, ce livre ne peut laisser sans réaction.

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