[AVIS] La Série de BASTIEN VIVES chez Shampoing

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Chronique minute

Cette série regroupe 6 tomes : Le jeu vidéo, La famille, L’amour, La blogosphère, La guerre et La bande dessinée. Tous tirés du blog de Bastien Vivès et tous en petit format. La série a comme principe commun de réunir plusieurs sketchs ou scénettes d’une douzaine de pages maximum. Ils mélangent une part du quotidien, parfois en décalage avec les scènes ou les personnages « historiques » présentés, et une folie et une perversité toute humaine.

 


Avis rapide

Bon comme vous pouvez le voir dans les notes que j’ai données, j’ai bien aimé cette série. Mais ne nous trompons pas, c’est sympathique et ça n’a pas la prétention d’aller au-délà. On prend plaisir à lire, c’est à la fois touchant et drôle, mais ce n’est pas écrit et dessiné pour nous faire voyager. Pour nous faire rire par contre et pour nous interpeller parce que c’est émouvant et parce que c’est juste.
Je vais prendre des exemples tirés de trois tomes pour vous donner un aperçu des différents types de scénettes qui m’ont amusées ou touchées.

 

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Bizarrement le tome jeu vidéo n’est pas celui qui m’a fait le plus rire, alors que ma nana par exemple a fait travaillé le zygomatique en le parcourant. Y’a deux raisons à cela, déjà elle est bon public ! Et ensuite ce tome joue sur une mise en scène très fidèle d’extrait de vie de gamers. Pour moi presque que du déjà vu, c’est très vrai et très bien observé, ça en devient touchant mais pas particulièrement drôle. Alors que pour ma nana, qui ne connaît pas cet univers (mais je ne désespère pas de me trouver une gameuse un jour !), c’est décalé, elle rit de la folie et de la passion des joueurs. Voilà un des ressorts de l’humour de Vivès dans cette série : une vérité, dans les personnages et dans ce qu’ils vivent, poussée à un tel point qu’ils en deviennent absurdes.

 

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Un autre de ses ressorts (parce Bastien Vivès sait rebondir) c’est de faire jouer à des personnages sérieux, Ronsard par exemple, une scène « cachée » avec un vocabulaire actuel et cru. Je m’explique en prenant le tome La guerre comme exemple. Un général/amiral/ grand ponte, comme vous voudrez, qui dit « putain faut leur casser la gueule » à son colonel dans le secret de leur bureau, c’est en même temps décalé et facile à croire. Et marrant, d’humaniser et de désacraliser (là je pense plus à Ronsard qu’à l’armée) des « grands » hommes et leur décisions (« alors la guerre ou pas la guerre ? »).

 

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Une dernière chose dont je voulais vous parler et sûrement celle que je préfère c’est quand les personnages de Vivès, au milieu d’une scène banal, deviennent fous ! Bon j’en rajoute mais on est pas à l’abri d’un raton laveur cinglé et sanguinaire quand on lit cette série. Ou, dans La famille, d’un père qui essaie de faire comprendre à sa fille que ses seins… mmh ses seins ! Ou encore d’un compagnon qui explique à sa femme, que lui, ses fantasmes c’est plus… la mettre dans une boîte de raviolis, « La mettre ?? tu veux dire ta… ? ah mais c’est dégueulasse ! » bah y’en a bien qui se branlent sur des photos de déportés juifs hein !! Et quand un personnage pète un plomb et que d’un coup Vivès veut nous parler d’une perversité humaine au milieu de sketchs plutôt « sage » et juste, ben c’est drôle.

 

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C’est effectivement une des forces de cette série, les sketchs deviennent drôles et surprenants, aussi, du fait de leur juxtaposition au sein des tomes. Leur grande diversité accentue le décalage et la surprise qu’on peut avoir en les lisant.
Mais en même temps les scénettes au sein de tomes peuvent être assez inégales, dans leur qualité ou dans leur cohérence avec le thème générale du volume. Je pense notamment à La guerre ou à La bande dessinée ici, dans lesquelles je trouve que ça sent un peu l’agglomérat de strips tirés du blog pour remplir le tome. Par extension la qualité des tomes est, elle aussi, assez inégale.

Mais ça vaut le coup, achetez ce que vous préférez et empruntez les autres !