[AVIS] World Trigger

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Au Japon, dans la ville de Mikado, s’est ouvert il y a de cela quatre ans, un portail. Des dimensions de l’autre côté sont sorties des vagues de dangeureux Neighbors. Et c’est seulement grâce à la création du mystérieux Border, regroupant des combattants d’élites maniant de puissantes armes appelées Trigger, que l’humanité s’en est sorti.

Osamu, le héros de notre histoire, est une jeune recrue sans grand talent du Border. Il rencontrera dans son lycée le mystérieux Yuma. Il ne découvrira que plus tard que ce Yuma est en fait originaire d’une autre dimension et qu’il manie un Trigger extrêmement puissant !

 

J’ai trouvé la première partie du manga de Daisuke Ashihara très prometteuse. Je me suis particulièrement attaché à Yuma. Ses capacités au combat et le regard qu’il porte sur l’humanité et sur Osamu en particulier m’ont bien plu. Sa psychologie peut faire penser à celle du parasite de Shin’ichi dans l’œuvre de Hitoshi Iwaaki.

A la lecture début de World Trigger dont le rythme est très élevé, on aurait pu s’imaginer découvrir rapidement les secrets du Border et partir très vite en guerre contre les Neighbors. Mais passés quelques tomes, on a l’impression que face au succès de son titre l’auteur a voulu ralentir son histoire. De grands combats contre les Neighbors, on glisse doucement vers des combats d’entraînement entre les soldats du Border pour monter en grade. Ils ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux qui ont lieu dans le premier tome de La Stratégie Ender, la série SF d’Orson Scott Card.

Ces combats sont assez tactiques et relativement plaisants à lire. Mais face à la trop grande place qu’ils prennent dans l’histoire et aux trop nombreux personnages qu’ils amènent, on ne peut que se lasser petit à petit. Surtout qu’on perd de vue l’objectif de nos héros. Je ne veux pas trop vous en dire, mais ce but changera en cours de route et se multipliera en plusieurs sous-objectif. Personnellement ça m’a un peu perdu, et c’est pour moi révélateur du manque de soin apporté par l’auteur à l’histoire globale de son manga.

Le dessin trop simpliste ne vient pas relever le manque de fil conducteur fort. Les coups de crayons sont rares, simple et efficaces le plus souvent mais rien de magique, j’ai rarement été époustouflé par une mise en scène ou un dessin particulièrement réussis (et je dis rarement pour ne pas dire presque jamais).

Je suis sûrement trop sévère, déçu que j’ai été par l’avancement du manga. World Trigger est tout de même une œuvre qui se laisse lire et je pense que la période actuelle n’est clairement pas la meilleure et qu’on peut encore s’attendre à découvrir beaucoup mieux quand l’histoire s’emballera.

Notons qu’un série animée adaptée de World Trigger a débuté il y a deux ans, je ne l’ai pas regardée, je ne peux pas vous en dire plus. La série a été arrêtée ce printemps, peut-être reprendra-t-elle bientôt.