[AVIS] 11.22.63

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11.22.63 est l’adaptation en 8 épisodes d’un roman de Stephen King que je n’ai pas encore lu, aussi ce test ne sera pas une comparaison avec l’œuvre originale. A noter que l’on retrouve maître King à la production aux côtés de J.J. Abrams.

La série est centrée sur Jake Epping (James Franco), un professeur de Lettres sans histoire, récemment divorcé, qui enseigne dans une petite ville du Maine. Un soir, comme à son habitude, il se rend au diner du coin tenu par son ami, Al Templeton. Rien de foufou jusqu’à ce que son vieil ami en parfaite santé fasse un tour dans son local et en revienne, deux minutes plus tard, atteint d’un cancer en phase terminale. La vie de Jake bascule lorsqu’il apprend que dans ce local se trouve un portail temporel permettant d’être propulsé en 1960 et qu’il se voit confiée pour mission d’empêcher l’assassinat de John F. Kennedy, dans l’espoir de vivre dans un monde meilleur.

C’est ainsi que Jake, suivant les indications laissées par son ami, franchit le seuil du portail et atterrit dans le passé, le 21 octobre 1960, un peu perdu mais bien décidé à changer l’Histoire. Mais cela va se révéler bien plus difficile que prévu car le passé va résister au changement, mettant en péril la mission de notre héros.

 

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Heureusement pour lui, les lois du voyage dans le temps lui donnent le droit à l’erreur : s’il retourne dans le présent, puis de nouveau le 21 octobre 1960, toutes ses actions sur le passé seront effacées. De plus, peu importe la durée de ses sauts dans le temps, en 2016 chaque voyage correspond seulement à deux minutes. Sachant ça, on est tout content, on se dit qu’on va avoir le droit à plein d’aller-retour et que ça va être chouette de voir quelles seront les conséquences des actions de notre héros sur le présent… Et bien non ! Si comme moi c’est ce à quoi vous vous attendiez et souhaitez regarder la série pour ça, passez votre chemin. Cet aspect là ne sera pas du tout exploité : Jake, très préoccupé par ses quêtes personnelles et surtout par son histoire d’amour, ne passera pas son temps à aller et venir entre 1960 et 2016 et les conséquences seront tout juste évoquées et pas du tout expliquées. C’est plus que dommage !

Je ne sais pas si c’est à l’identique dans le roman de King, mais pour moi la série passe ainsi à côté même de son essence. Elle reste néanmoins une jolie photo des années 60. La réalisation est de qualité grâce à un choix des musiques, costumes et décors très soigné, permettant une bonne immersion dans l’époque. Le traitement des personnages est quant à lui intéressant et porté par un excellent casting, point fort de cette série selon moi. Les personnages principaux et secondaires sont globalement tous très bons. Mention spéciale pour Daniel Webber, que je ne connaissais pas avant son interprétation de Lee Harvey Oswald. Concernant des têtes plus connues pour certain(e)s, Josh Duhamel (Las Vegas) et T.R. Knight (Grey’s anatomy) sont totalement à contre-emploi et ça leur va bien !

 

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Côté représentation de l’époque, il est juste dommage qu’elle reste en surface (la faute au bouquin ou aux ellipses ?). La question du racisme au cœur de cette époque est abordée par petites touches et concentrée autour d’un personnage. De plus, le contexte politique de l’époque n’apparaît pas vraiment, uniquement à travers la diffusion discrète d’images sur les écrans de télé. Néanmoins, l’aspect investigation sur le meurtrier présumé et ses commanditaires est bien traité et permet de plonger un peu plus dans les tourments du complot politique.

Côté scénario, tout comme pour le manque d’exploitation du portail temporel, je regrette que le sauvetage de Kennedy, sensé être au centre de l’intrigue, passe souvent au second plan. Même si je me suis laissée prendre au jeu par les histoires annexes, parfois captivantes, surtout en fin d’épisodes, l’histoire d’amour, aussi mignonette soit-elle, prend facilement la moitié des 8 épisodes et ce n’est pas ce que je cherchais dans cette série au départ. Par ailleurs, ces histoires expliquent certainement pourquoi Jake n’a pas fait plus d’aller-retour. Sans elles, on aurait pu imaginer un saut dans le temps où le héros, sur un coup de poker, tue Oswald sans être sûr de sa culpabilité, puis retourne dans le présent pour voir si Kennedy est toujours vivant et si le monde se porte mieux… Et s’il avait eu tort, il n’avait qu’à reprendre le portail ! Bon j’exagère peut-être mais pourquoi pas après tout ?

 

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Et si je vais un peu plus loin sur le scénario, sans spoiler, j’ajouterais qu’en tant que fan d’X-Files et de son superbe épisode sur l’assassinat de JFK, je trouve le parti pris de 11.22.63 sur cet événement un peu timide en comparaison, mais ce n’est que mon avis et c’est certainement dû au livre…

En tout cas cette série m’aura donné envie de le lire, ne serait-ce que pour vérifier s’il traite des ellipses que fait la série : les mois qui filent en un instant entre deux temps forts, l’effet papillon, ou encore le rôle que joue réellement le mendiant qui nous intriguera à chaque apparition avec son «vous ne devriez pas être ici»…

En conclusion, 11.22.63 mérite quand même d’être regardée car plutôt bien faite, avec des personnages attachants, dont on a vite envie de connaître le sort et qui sont très bien interprétés… Mais préparez-vous à rester sur votre faim pour tout le reste. Donc comme je l’ai déjà dit, si vous n’étiez attirés que par la partie sauts dans le temps à répétition et effet papillon, passez votre chemin.

 
 

[Avis donné sur la version originale sous-titrée]