[AVIS] Vinyl

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Vinyl raconte l’histoire de Richie Finestra, un producteur de musique en pleine déchéance dans les années 1970. On le découvre désemparé et, il faut bien le dire, défoncé, avec pour seule lueur, son amour de la musique. Les jeunes affluent complètement hystériques de la rue pour voir les New York Dolls en transe sur scène, Richie les suit et reste subjugué devant ce groupe, comme s’il venait de redécouvrir le rock’n’roll en entendant « Personality crisis ».

Produite par Martin Scorsese et Mick Jagger, la série nous dépeint un New York que le réalisateur connaît bien, où le punk, le disco et le hip-hop voient le jour et tentent de coexister tant bien que mal. Pour Richie c’est un peu pareil… il essaye de faire cohabiter ses vieux démons qui resurgissent avec ses tentatives pour sauver son mariage avec Devon et son label en pleine banqueroute.

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Narrée du point de vue d’un producteur de musique, la série nous donne un aperçu d’une certaine vision de la profession et de ses magouilles.
En effet, Richie a deux associés, Skip et Zak, et on les voit tour à tour faire disparaître des stocks de vinyls invendus pour ne pas avoir à les rembourser et distribuer des bakchichs pour assurer la promotion radio. Réalité passée, présente ou bien fiction ? Je ne saurais répondre à cette question, toujours est-il que le résultat semble très attendu et plein de caricatures. Forcément tout le monde est camé, forcément on a une guitare détruite, forcément y’a du sexe partout. Parfois on se laisse prendre au jeu et on se dit que c’était peut-être réellement comme ça, parfois tout ça tourne au grand n‘importe quoi et on finit par se lasser. L’atmosphère du rock des années 70 est donc plutôt convaincante mais loin d’être transcendante et ne suffira pas à vous rendre accrocs à la série. Le scénario, notamment parce qu’il est concentré en 10 épisodes, viendra un peu rééquilibrer le tout et devrait vous donner envie de savoir si Richie finira par s’en sortir.

Dans le pilote d’1h48 réalisé par Martin Scorsese en personne (ce qui ne sera pas le cas des épisodes suivants), on a tout les ingrédients scénaristiques pour nous donner envie de regarder la série jusqu’au bout. Tourné à la manière d’un film, il parvient à poser l’ensemble des intrigues avec brio. On a tout d’abord une histoire de meurtre qui servira de fil rouge. A cela on peut ajouter l’émergence d’un nouveau groupe : les Nasty bits (seul groupe fictif de la série, dont le chanteur est interprété par le fils de Mick Jagger, James) ou encore le retour inopiné d’une ancienne connaissance de Richie, qui le confrontera à ses erreurs. Le reste je vous laisse le découvrir au travers d’épisodes plus ou moins bons, mais toujours portés par un jeu d’acteurs de qualité.

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Côté réalisation, on a le droit à des plans caméras de haut vol dans le pilote made in Scorsese. Sur le reste de la série, ça se calme un peu mais ça reste bon. Ce qui disparaît aussi en même temps que Scorsese, c’est la voix off de Richie et ça, ce n’est pas une mauvaise chose pour l’immersion. Au fil des épisodes, on plonge de plus en plus dans la vie de notre héros, et notamment dans son addiction. On se rend compte que ce n’est pas seulement parce que dans la musique c’est comme ça, mais bien un mal profond qui a de lourdes conséquences.

Concernant la plongée dans le monde fermé de la musique, la série nous donne l’illusion de découvrir quelques anecdotes confidentielles de l’histoire du rock. Elle fait apparaître quasiment dans chaque épisode des personnages phares tels que Led Zeppelin, Andy Warhol, Alice Cooper, David Bowie… La bande son est quant à elle très bonne, amis mélomanes, régalez-vous ! Une belle place est laissée à la musique qui ne sert pas juste de bruit de fond lointain. A noter que pour coller aux goûts de Richie, il y a pas mal de blues des années 50, mais avec des épisodes qui peuvent contenir jusqu’à une trentaine de tubes, les amateurs de rock seront servis.

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Pour conclure, je vous recommande cette série qui, en dépit de ses faibles audiences, vaut quand même le coup pour la bande son, le jeu d’acteurs, l’histoire et le côte cool ^^ Vinyl reste une bonne série, même si elle déçoit par un traitement caricatural l’empêchant de devenir le petit bijou qu’elle aurait pu être. Sachez pour autant que vous n’aurez pas toutes les réponses aux questions que vous vous poserez. En effet, alors qu’une saison 2 avait été prévue avant même la diffusion du pilote, elle a été annulée quelque temps après la diffusion du final de la saison 1. La série n’a donc même pas eu le temps de proposer une conclusion bâclée. C’est dommage, mais selon moi cela n’empêche en rien de regarder et apprécier cette seule et unique saison.