[AVIS] Black Clover

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Au Royaume de Clover la magie est reine. Asta n’a, lui, aucun pouvoir. Malgré ça, il s’est promis de devenir un jour le Roi-Sorcier de son pays. C’est aussi le rêve de Yuno, son ami d’enfance et rival surdoué. Lui héritera d’un grimoire surpuissant, quant à Asta il devra se contenter d’un grimoire noir avec aucun sort dedans…

Les deux premiers tomes du manga de Yûki Tabata sont sortis en France il y a quelques semaines, une bonne occasion d’en parler même si cette œuvre est encore un peu jeune pour en donner un avis approfondi. Comme pour My Hero Academia, je reviendrai ici dans plusieurs mois pour étoffer ma critique. Au delà du faible nombre de chapitres parus, on peut noter quelques ressemblances entre ces deux mangas. Le synopsis de base est assez semblable et tous les deux débutent avec un héros sans pouvoir. Mais là s’arrête la comparaison.

Quand MHA veut nous accrocher en plaçant son histoire dans un contexte que nous connaissons bien, Black Clover nous plonge dans un univers de fantasy où tout est possible. Je tire mon chapeau à l’auteur pour sa maîtrise des pouvoirs qu’il donne à ses personnages et à leur impact sur son univers (et c’est pourtant son premier manga). L’exemple le plus frappant est celui des transports. Forcément quand tout est magie tout va très vite. Le manga ne perd pas une case en déplacement. Tu veux aller là-bas ? Hop magie spatiale et on y est. De un, j’aime cette cohérence et cette liberté que prend l’auteur pour véritablement créer ses propres règles, et de deux, ça booste le rythme, pas le temps de niaiser dans Black Clover, ça déroule et c’est kiffant.

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Situation tendue, révélations, combats et encore combats tout s’enchaîne. Et quand en plus on aime presque chaque personnage parce qu’ils sont soit badass, soit drôle, soit attachant, soit complètement timbré, soit tout à la fois, c’est réjouissant à suivre et surtout très addictif.

Je ne vais pas réussir à bien vous l’expliquer mais je trouve que l’auteur parvient à se conformer aux règles des shonens tout en les poussant un peu plus loin. Les deux rivaux par exemple, typique de ce genre de mangas : ici ils sont surtout amis, ils ne se croisent pas souvent mais toujours avec plaisir, la compétition est saine, un vrai moteur pour eux, c’est simple et plus agréable à lire que de l’amour/haine plus classique je trouve. On peut prendre aussi l’exemple de la ténacité du héros, c’est classique, mais ici c’est le fondement d’Asta, il n’a rien sauf ça, quand en combat il se relève pour la quatrième fois, on comprend, c’est Asta, il a travaillé pour ça et il n’y a que lui pour se donner autant. Les codes ici ne sont pas justes là parce que ça arrange l’auteur dans son histoire, ou dans la création du suspens, ils sont complètement intégrés à l’histoire.

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En parlant d’histoire, elle manque pour le moment de profondeur, une guerre contre le Royaume voisin, oui d’accord, des méchants dont on ne sait presque rien, très bien. C’est pas transcendant ; après, plusieurs bases intéressantes sont posées, comme la relation entre noble et roturier et leurs rapports à la magie, nous reste à voir comment tout ça évolue.

À voir aussi comment évolue le dessin, sa force est d’être bien reconnaissable, l’auteur a sa patte, mais certaines pages sont tout de même dessinées à la va-vite. L’auteur se permet de souvent dessiner les visages de ses personnages avec une inspiration « emoticonesque » je dirais, des grands yeux brillants, des petites moues les lèvres en avant etc. Je trouve ça sympa mais il en abuse et on peut penser que c’est aussi pour se faciliter le dessin plutôt que d’avoir à dessiner des expressions faciales vraisemblables.

Black Clover a un certain succès et c’est bien mérité, je le conseille avec plaisir. L’œuvre est destinée à un public plutôt jeune mais se laisse lire par les plus grands avec bonheur. Encore une fois il faudra attendre quelques mois ou quelques années même pour se faire un véritable avis. Au passage on peut raisonnablement espérer une adaptation en anime, peut-être même en 2017.

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